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Podcasts et récits sonores du Musée GRATALOUP

La voix du Musée GRATALOUP est singulière. Elle accompagne les œuvres en mettant des mots sur un moment fugace où l'espace s'est ouvert et une compréhension a surgi. Fruit de l'instant, de l'environnement et de l'histoire personnelle de l'auteur, elle n'est pas universelle. Elle reste l'acte de transmission d'un message qui peut être reçu, transformé ou tout simplement oublié. ​

Cette page ne rassemble pas tous les podcasts du musée. Elle propose une sélection de récits choisis pour leur force d’évocation et leur lien avec les expositions virtuelles. Chaque écoute invite à entrer dans une œuvre, puis à poursuivre la visite.

Cinq chemins d’écoute pour entrer dans les œuvres autrement

Voir autrement : visible, invisible, apparition

L'oeil du peintre - Toile de Grataloup

Le sens d'une œuvre est dans la rencontre. Sa couleur dépend de la lumière et du regardeur.

L’œil du peintre

J’ai rêvé la montagne — GRATALOUP

Photo du film Woman - Yann Arthus-Bertrand

Ce que le monde fait aux femmes quand il ne peut fonctionner qu’en les rendant invisibles

Rabeya

Woman — Yann ARTHUS-BERTRAND

L'oeil du peintre. Toile de Grataloup
00:00 / 01:02

C’est une toile ancienne des années 70. Je l’ai appelée l’œil du peintre. On y voit les montagnes en arrière-fond. Leur paysage est monochrome. La petite silhouette du peintre est sur le bord du tableau, presque hors du paysage. Il est dans le noir c’est-à-dire le mystère, là où toutes les couleurs se forment. Et il est aussi hors de son œil. Son œil regarde les montagnes et des rayons rouges éclairent les ténèbres. Son œil est semblable à une bulle polychromatique qui donne des couleurs à la vie. Car en réalité tout est gris. Seule la lumière et celui qui la regarde sait de quoi sont faites les montagnes et les expériences de la vie.

Photo du film Woman Yann ARTHUS-BERTRAND
00:00 / 01:21

Juste un regard dans un visage disparu derrière le voile léopard.

La femme existe mais sans visage. Dans l’espace public, Rabeya n’est pas un sujet. Personne ne la reconnaît. 

Pourtant, Rabeya n’est pas absente. Le monde ne l’efface pas totalement. Il la maintient à un seuil où elle est présente, mais non représentable. Elle reste visible, elle peut regarder mais sa parole est empêchée. Elle ne prend pas part aux choix de la société. 

C’est un portrait de femme dans un monde ordinaire où la violence n’est pas spectaculaire. C’est une condition silencieuse où les femmes ne sont pas décisionnaires. C’est un portrait qui montre ce qu’un monde a besoin de retirer pour continuer à fonctionner.

Lumière, matière, transformation

Paysage à la cité idéale. Toile de GRATALOUP

La lumière de l'éclair lorsqu'elle révèle la cité intérieure

Paysage à la cité idéale

J’ai rêvé la montagne — GRATALOUP

Grand triptyque astral I : Bouddha découvre les étoiles. Toile de KIJNO

Quand le papier froissé transforme le dessin en matière vivante

Bouddha découvre les étoiles - Froissage

Le peintre guerrier — KIJNO

Paysage à la cité idéale. Toile de GRATALOUP
00:00 / 01:12

C’est une toile qui symbolise la transformation personnelle. La montagne passe du noir, du caché, de l’insondable, au blanc lumineux de la connaissance. De ce contraste entre deux forces opposées, surgit la lumière de l’éclair qui révèle les formes et les couleurs.

La petite silhouette de l’homme est d'argent, une nuance intermédiaire entre le noir et le blanc, ni chaude ni froide, un réceptacle pour toutes les couleurs offertes par la vie. Il chemine sur la montagne et le panorama doré qui s’ouvre à la lumière de l’éclair, révèle des lignes et des angles, l’esquisse d’une cité idéale, miroir de ses aspirations les plus secrètes.

Cela n’a duré que l’espace d’un instant, mais l’homme qui est debout maintenant, est profondément différent.

Grand triptyque astral I : Bouddha découvre les étoiles. Toile de KIJNO
00:00 / 01:45

Un jour, Kijno dessine un cheval. N’étant pas satisfait, il froisse la feuille et la met dans sa poche.
Plus tard, il retrouve la boule de papier. Il la déplie et voici qu’apparaît un cheval, pariétal, comme à Lascaux, avec des reliefs, du mouvement, de la vie. C’est une découverte majeure et dès 1946, Kijno froissera ses œuvres.
Le froissage est un acte de violence pour le dessin. Il le transforme comme la vie nous transforme. Le froissage raconte la violence du temps qui passe. « L’enfant nait froissé, l’adulte devient lisse, le vieillard meurt fripé » répète Kijno. « Le monde est ainsi fait. Il se froisse et se défroisse. Nous bougeons constamment. »
Dans toutes ses toiles, Kijno créera un rituel entre le lisse et le froissé, comme un moyen de générer la perturbation du devenir.
Kijno n’est pas le premier à avoir utilisé cette technique. Paul Klee et Dali l’avaient fait avant lui.
Mais il est le premier à utiliser le froissage de cette singulière manière. Et dans toute son œuvre.

Le vivant sans nous

Pommiers, 3 toiles de GRATALOUP

Un langage secret plus ancien et plus étranger qu'on ne saurait l'imaginer

Nous nous parlons

Les arbres m'ont dit — GRATALOUP

1970-1995 - AUTOUR DU LAC - Toile de GRATALOUP

 Le conte du dernier lac

Le dernier lac

Les couleurs de l'Eau — GRATALOUP

Pommiers, 3 toiles de GRATALOUP
00:00 / 01:22

Tu me crois insensible, car je n’ai ni bouche, ni yeux ni oreille. Mais j’ai un langage, que tes chercheurs dans leurs laboratoires commencent tout juste à déchiffrer. Il est fait d’odeurs, transportées par le vent, pour avertir d’un danger, ou de signaux électriques, qui parcourent mon corps, des feuilles aux racines jusqu’au réseau de champignons. Fait de filaments tellement fins qu’un seul champignon peut recouvrir la forêt toute entière, il est de loin mon meilleur et très secret messager. Grâce à lui, nous sommes tous connectés et nous échangeons les informations indispensables à notre survie. Alors oui, je suis un être sensible. Et si tu veux t’en convaincre, viens te promener dans la forêt, comme ça, en laissant juste ton corps te guider. Le murmure de la forêt entrera alors en toi et tu seras surpris par la sérénité que tu y trouveras.

1970-1995 - AUTOUR DU LAC - Toile de GRATALOUP
00:00 / 02:36

Il était le dernier lac. Cela lui semblait étrange de se souvenir qu’autrefois l’eau courait librement sur la terre et que très certainement, personne ne l’aurait remarqué. Même si, il s’était toujours su unique, avec ses couleurs profondes et magnétiques. Il faisait la joie des enfants pendant l’été, sa saison préférée.
Mais tout avait changé. La chaleur s’était abattue comme un marteau et ses berges s’étaient asséchées. Les enfants avaient disparu depuis longtemps, mais lui, était encore vivant. Au centre de sa profondeur, une poche d’eau persistait.
Il se demandait parfois : pour qui tenait-il bon ? Et cela dura… longtemps. Un jour, il sentit quelque chose bouger dans les entrailles du sol. Il vit une lumière, des machines, les derniers vestiges d’une humanité en quête de survie. Ils l’avaient trouvé et son abysse commença à céder.
Il comprit qu’il n’était pas un survivant, juste une ressource ! Alors dans un dernier acte de révolte, il libéra la pression accumulée dans ses profondeurs. L’explosion inonda les galeries des hommes. Dans un torrent désespéré, le dernier lac se donna tout entier.
Quand le calme revint, le lac s’était éteint, emportant avec lui sa dernière goutte d’existence. De lui ne restait qu’une fine couche de sel sur les pierres avec une vérité qui flottait dans le silence. Ce n’était pas le lac qui avait échoué à survivre. C’était les hommes qui avaient échoué à le protéger.

Épreuve, guerre, résistance

Cavalier en majesté. Toile de KIJNO

Peindre contre toutes les guerres

Cavalier en majesté - Le combat

Le peintre guerrier — KIJNO

Photo du film WOMAN Yann ARHUS BERTRAND

Ce que le monde fait aux femmes quand la liberté ne doit rien changer

Ryu Hwa

Woman — Yann ARTHUS-BERTRAND

Cavalier en majesté. Toile de KIJNO
00:00 / 01:45

« La peinture c’est un métier qui tue, dit Kino. Il faut d’une manière ou d’une autre y laisser sa peau ».
Kijno est en colère, Kijno est en guerre. En guerre contre toutes les guerres, qu’il dénonce dans une série « Les Horribles Blasons de la Guerre ». NON à la guerre d’Algérie crient les toiles OAS Assassin, NON au Vietnam pleurent les toiles de l’Enfant brûlée. Il milite avec Angela Davis en faveur des droits civiques des noirs. Il est toujours là, avec ses coups de gueule, contre toutes les injustices et toutes les formes d’oppression.
Kijno va au combat avec la seule arme qu’il connaisse, « le langage ralenti des pinceaux », celui qui permet de prendre du recul en révélant la réalité telle qu’elle est. Sur ses toiles, ses cavaliers galopent vers l’amour et la paix. Et pour donner à l’humanité une chance de survie, il peint de grandes icônes pour la préserver des cataclysmes.

Photo du film WOMAN Yann ARHUS BERTRAND
00:00 / 01:12

Ryu Hwa expose son corps. Ses marques et ses tatouages parlent à sa place.

Elle ne cache rien. Mais elle contrôle tout. Jusqu’au dessin précis du serpentin rouge en haut de sa joue. 

Dans la rue, elle ne passe pas inaperçue.  On remarque qu’elle s’exprime, on se retourne un peu et puis on passe. L’ordre du monde n’en n’est pas bouleversé. Rya Hwa a bien transgressé. Elle est très visible mais elle reste isolée. C’est son affaire, son histoire personnelle. Alors le monde la tolère parce qu’elle ne déborde pas.

Tant qu’elle ne se transforme pas en geste collectif pour devenir un levier, la liberté existe.

À condition qu’elle ne change rien.

Corps, naissance, passage

Bord de mère. Toile de GRATALOUP

Naître de l’eau, dans l’ombre de l’épreuve

Bord de mère

Corps vivant — GRATALOUP

Baigneuse dans la vague blanche - Toile de GRATALOUP

Passage

Baigneuse à la vague blanche

Corps vivant — GRATALOUP

Bord de mère. Toile de GRATALOUP
00:00 / 01:13

Quoi de mieux pour représenter la maternité que l’eau, la mer dont est issue toute vie sur terre ? La femme sur la plage, est accroupie dans l’ombre pour donner la vie. Le noir dont elle est entourée, c’est la couleur de l’épreuve, du risque de mourir et de la mise à l’écart du monde. Même s’ils ont été deux pour la conception, la femme est seule pour la naissance.

Seule ? Est-ce bien certain ? Dans de nombreuses cultures, le triangle droit symbolise le principe masculin. Dans cette toile sur la maternité, le triangle d’ombre de l’homme offre un refuge protecteur à la femme et le grand triangle de laiton doré proclame au monde la naissance d’un petit d’homme.

Baigneuse dans la vague blanche - Toile de GRATALOUP
00:00 / 01:01

Cette toile est sans doute la plus symbolique de toute l’exposition. Un corps coupé en deux s’élève dans un tunnel argent au milieu d’un monochrome blanc. Le blanc est associé à la pureté et à la transcendance mais aussi à la pâleur des morts et au deuil. On est donc dans la représentation de la mort du corps, fatigué, abimé, coupé en deux par les épreuves de la vie. La vague blanche de la mort ouvre un tunnel dont la couleur argent évoque la pureté et la purification.

Et le corps s’élève dans ce passage qui est une transition vers un ailleurs.

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