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Outrenoir
« Mon instrument n’est pas le noir, mais cette lumière secrète venue du noir » a dit Pierre Soulages
Les bandes noires jouent le rôle d’une seconde peau. Les stries ne sont ni devant, ni derrière. Elles font partie de l’image. Elles ralentissent le regard et l’obligent à s’ajuster pour distinguer le visage. Il est blanc et lumineux, presque spectral. Son regard est direct mais filtré par la matière.
Matière noire et lumière : l’essence de l’oeuvre de Pierre Soulages. Ou comment créer une surface active, qui change selon le point de vue et le temps passé à regarder.
Ce portrait, c’est de la lumière sculptée dans de l’obscur. Un visage qui devient matière et qui se révèle lentement, à mesure que l’on accepte de ne pas tout voir.
Et notre regard qui se perd, non pas dans un simple portrait, mais dans l’œuvre toute entière
Outrenoir
C’est l’histoire du noir. Quand tout est noir, tu peux croire qu’il n’y a rien à voir. Qu’il n’y a personne. Qu’on est tout seul. Et ça peut même faire un peu peur.
Mais si tu regardes mieux, tu verras que le noir n’est pas plat. Il y a plein de traces. Des lignes, des formes.
La lumière glisse dessus. Elle se cache. Puis elle revient. Et petit à petit, une image apparaît. Pas tout entière. Par morceaux. Puis, lentement, tu distingues un visage. Très clair. Très calme. Le noir n’efface pas l’image. Il lui laisse du temps pour apparaître.
Dans cette image, on apprend à regarder autrement. À prendre le temps. À accepter de ne pas tout voir, tout de suite.

Monotype 60 x 60 cm, réalisé dans son atelier parisien - Dans le cadre du projet Portraits de Personnalités, l’artiste a choisi de mêler son image à son œuvre emblématique, l’Outrenoir

Monotype 60 x 60 cm, réalisé dans son atelier parisien - Dans le cadre du projet Portraits de Personnalités, l’artiste a choisi de mêler son image à son œuvre emblématique, l’Outrenoir
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