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La couleur Mythologique : « La danseuse de la mer »
Au commencement des temps, le ciel n’était qu’un immense champ d’or, et la Terre, un désert sans fin. Chaque soir, à l’heure où l’astre solaire déclinait, la danseuse apparaissait.
Son corps gracieux se coulait dans la lumière. Ses gestes fluides traçaient des signes dans l’air, dans le langage oublié d’une danse sacrée.
Au fil des nuits, un phénomène discret se manifesta : de légères buées se formaient autour de ses chevilles, puis s’évaporaient. Là où elle tournoyait, une trace humide luisait brièvement avant de disparaître.
À la centième nuit, une fine pellicule d’eau se répandit autour de ses pas. La terre en fut imbibée, dessinant de pâles traînées argentées. Inlassablement, nuit après nuit, elle poursuivit sa chorégraphie. La terre se para alors de reflets miroitants, comme si l’or du ciel descendait sur les pierres.
Vint le millième soir. La danseuse exécuta ses plus belles figures. Ses bras recueillirent la dernière lueur du soleil, et son corps tout entier s’illumina d’un halo opalescent. Alors, une cascade jaillit de sa chevelure, ruisselant sur sa peau en un flot incessant. Sous le poids de l’eau, la terre se creusa, puis se laissa recouvrir toute entière.
Quand l’aube apparut, la danseuse s’immobilisa. Elle sourit, satisfaite de l’œuvre accomplie, puis s’évanouit dans un éclat de lumière. Déjà les vagues se levaient dans la mer nouveau-né. Et leur chant racontait l’histoire de celle qui, en mille nuits, avait façonné la première mer de la terre.
Au tout début du monde, le ciel brillait comme un immense champ d’or, et la Terre n’était qu’un grand désert. Chaque soir, quand le soleil se couchait, une danseuse apparaissait. Elle dansait avec grâce et ses mouvements dessinaient des signes magiques dans l’air.
Une nuit, quelque chose d’étrange se produisit : là où elle dansait, la terre devenait un peu humide. Mais cela ne durait qu’un instant, puis tout disparaissait. Après de nombreuses nuits, une fine couche d’eau recouvrit enfin le sol autour d’elle. La danseuse continua sa danse, et peu à peu, la terre se mit à briller comme si le ciel d’or descendait sur elle.
Au bout de mille nuits, la danseuse exécuta sa plus belle danse. Elle tourna très vite et soudain, une cascade jaillit de ses longs cheveux. L’eau coula partout et recouvrit la Terre.
Quand le soleil se leva, la danseuse s’arrêta et sourit. Son travail était terminé : elle avait créé la première mer. Puis elle disparut dans un éclat de lumière, laissant les vagues danser à leur tour et raconter son histoire.

195 x 226 cm - Toile et toile tendue sur aluminium

195 x 226 cm - Toile et toile tendue sur aluminium
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