Questions / Réponses
Les réponses aux principales questions des journalistes
Mise à jour : septembre 2026
Afin de faciliter le travail des médias, cette rubrique rassemble les réponses aux principales questions concernant la fermeture du Musée GRATALOUP, les raisons de cette décision, les quarante années d’histoire qui unissent GRATALOUP à Chevreuse et les perspectives qui s’ouvrent désormais pour son œuvre.
Elle apporte aux journalistes des éléments factuels et directement exploitables, tout en précisant la position de l’association Les Amis du Musée GRATALOUP
Pourquoi le Musée GRATALOUP ferme-t-il ?
Le Musée GRATALOUP fermera ses portes au public le 11 novembre 2026, à la suite de la décision de la Ville de Chevreuse de ne pas renouveler la convention de mise à disposition du Prieuré Saint-Saturnin à l’association Les Amis du Musée GRATALOUP.
La commune justifie cette décision par sa volonté de lancer un nouvel appel à projets destiné à définir une nouvelle programmation « culturelle, patrimoniale et civique » pour le site.
Mais le Musée GRATALOUP n’était-il pas déjà un projet culturel, patrimonial et civique ?
C’est effectivement la question qui nous est le plus souvent posée lorsque nous expliquons la raison avancée par la Ville pour justifier le non-renouvellement de la convention.
Le Musée GRATALOUP était bien un projet culturel, par sa programmation d’art contemporain, ses onze expositions, les artistes invités et l’ensemble de ses actions de médiation.
Il était également patrimonial, puisqu’il faisait vivre le Prieuré Saint-Saturnin, permettait au public de découvrir les vitraux créés par GRATALOUP pour la chapelle et s’inscrivait dans quarante années d’histoire entre l’artiste et Chevreuse.
Enfin, il avait une véritable dimension civique, par son ouverture à tous les publics, ses actions de transmission, l’accueil des familles et des enfants et sa participation à la vie culturelle du territoire. Cette démarche avait notamment été reconnue par l’obtention du label Musée Solidaire, attribué par le Département des Yvelines.
C’est précisément pour cette raison que la volonté de rechercher aujourd’hui une nouvelle programmation « culturelle, patrimoniale et civique » pour le Prieuré suscite une réelle incompréhension : ces trois dimensions étaient déjà au cœur du projet porté par le Musée GRATALOUP depuis cinq ans.
Le Musée GRATALOUP est-il un échec ?
Absolument pas.
Le Musée ferme à la suite d’une décision concernant l’occupation future du Prieuré Saint-Saturnin, et non en raison de ses résultats.
Depuis son ouverture en mars 2022, il a accueilli près de 10 000 visiteurs, présenté onze expositions, reçu des artistes contemporains de premier plan et développé une médiation culturelle exigeante et accessible.
La fermeture intervient au contraire au moment où le Musée connaît sa plus forte dynamique de développement, avec une fréquentation en progression, de nouveaux partenariats institutionnels et une reconnaissance croissante de son action culturelle.
Comprenez-vous la décision de la Ville de Chevreuse ?
Nous respectons naturellement le droit de la Ville de Chevreuse, en tant que propriétaire du Prieuré Saint-Saturnin, de décider de l’avenir de ce lieu.
Mais nous ne comprenons pas cette décision et nous ne la partageons pas.
Elle intervient alors que le Musée GRATALOUP était en pleine croissance, que sa fréquentation progressait et que de nouveaux partenariats et reconnaissances institutionnelles venaient conforter le travail engagé.
Elle met également un terme à un projet qui avait trouvé sa place dans ce lieu et auprès de son public, après cinq années de fonctionnement.
Nous prenons donc acte de la décision de la Ville, tout en assumant clairement notre désaccord avec ce choix.
Pourquoi cette fermeture dépasse-t-elle la seule histoire du Musée ?
Parce que l’histoire de GRATALOUP à Chevreuse commence bien avant l’ouverture du Musée.
GRATALOUP choisit Chevreuse dès 1986 pour y installer sa maison-atelier et partager sa création entre Paris et la vallée. Cette maison, dans laquelle il réalise plusieurs de ses grandes séries, est répertoriée depuis 2020 à l’Inventaire général du patrimoine culturel d’Île-de-France.
En 1991, il participe aux premières Musicales de Chevreuse et présente son Chemin de Croix dans l’église Saint-Martin. En 2005, il inaugure le Séchoir à Peaux, nouvel espace culturel de la commune. En 2011, il crée les trois vitraux contemporains du Prieuré Saint-Saturnin, inscrivant durablement son œuvre dans le patrimoine de la ville.
En 2022, l’ouverture du Musée GRATALOUP dans ce même Prieuré vient naturellement prolonger cette histoire. La même année, quelques mois après sa disparition, son Chemin de Croix retrouve l’église Saint-Martin, trente et un ans après sa première présentation.
Enfin, profondément attaché à Chevreuse, GRATALOUP avait choisi d’y reposer. Sa sépulture se trouve aujourd’hui au cimetière communal et est ornée d’une mosaïque inspirée de son œuvre, conçue par son épouse Milena, en collaboration avec Florence Sensino, mosaïste et collaboratrice de longue date de l’artiste.
Le Musée constituait donc l’un des éléments d’un ensemble artistique, patrimonial et humain exceptionnel construit pendant quarante années.
Pourquoi ne pas répondre au futur appel à projets ?
La Ville de Chevreuse a eu cinq années de fonctionnement du Musée GRATALOUP pour apprécier concrètement le projet porté par notre association, ses résultats, sa fréquentation, sa programmation et son apport culturel pour la commune.
Elle dispose également de quarante années d’histoire pour mesurer la place particulière de GRATALOUP à Chevreuse.
Dans ces conditions, nous voyons difficilement ce qu’un nouveau dossier de candidature pourrait permettre d’évaluer qui ne l’ait déjà été au cours de toutes ces années.
Si cinq années d’activité du Musée et quarante années de liens entre GRATALOUP et Chevreuse n’ont pas conduit la commune à souhaiter poursuivre cette histoire au Prieuré Saint-Saturnin, il nous paraît peu cohérent de solliciter aujourd’hui, à travers un nouvel appel à projets, la reconnaissance de ce même projet.
Envisagez-vous un recours contre cette décision ?
Non. Nous avons choisi de ne pas engager de procédure contentieuse, même si les conditions dans lesquelles cette décision a été conduite, ainsi que certains des arguments avancés pour la justifier, auraient pu nous conduire à envisager cette voie.
Ce choix ne signifie donc pas que nous approuvons la manière dont cette situation a été gérée.
Il traduit une décision claire : nous préférons consacrer notre énergie et les moyens de l’association à l’œuvre de GRATALOUP plutôt qu’à un contentieux avec la Ville de Chevreuse.
Les vitraux de GRATALOUP vont-ils quitter le Prieuré Saint-Saturnin ?
Non. Les trois vitraux contemporains créés par GRATALOUP en 2011 demeurent intégrés à la chapelle du Prieuré Saint-Saturnin, dont ils constituent une composante permanente.
Mais leur présence physique ne suffit pas, à elle seule, à assurer leur transmission. Avant l’ouverture du Musée GRATALOUP en 2022, la chapelle est restée fermée au public pendant plusieurs années et les vitraux n’avaient jamais bénéficié d’un véritable dispositif de médiation permettant d’en comprendre l’histoire, la symbolique et la place dans l’œuvre de GRATALOUP.
L’ouverture du Musée a changé cela. Pendant cinq années, les visiteurs ont pu non seulement découvrir les vitraux dans le lieu même pour lequel ils avaient été conçus, mais aussi être accompagnés dans leur lecture et leur compréhension.
Après la fermeture du Musée, la question sera donc double : celle de l’accessibilité de la chapelle, mais aussi celle de la transmission de ces œuvres au public. Sans ouverture régulière et sans médiation, les vitraux resteront au Prieuré, mais risquent de retomber dans le silence qui fut longtemps le leur.
Que va devenir l’œuvre de GRATALOUP ?
L’œuvre de GRATALOUP ne dépend pas de l’existence du Musée GRATALOUP.
L’association poursuivra le travail de fond indispensable à sa connaissance et à sa transmission : préservation et documentation du corpus, recherches historiques, archives, authentification, enrichissement du catalogue raisonné et relations avec les collectionneurs.
Ce travail accompagnera également la circulation de l’œuvre et sa présentation à de nouveaux publics.
Le Musée GRATALOUP renaîtra-t-il ailleurs ?
Ce n’est pas notre projet aujourd’hui.
Le Musée GRATALOUP avait un sens particulier à Chevreuse en raison de l’histoire exceptionnelle qui unissait l’artiste à cette ville. Cette histoire et cette cohérence ne sont pas transposables artificiellement dans un autre lieu.
La fermeture du Musée marque donc la fin d’un lieu, pas la recherche d’un autre.
Notre choix est désormais de faire voyager l’œuvre.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ces cinq années ?
Celui d’une expérience culturelle qui a démontré sa capacité à rencontrer son public.
Partant d’un lieu qui n’était pas un musée, notre association a construit un centre d’art contemporain avec une programmation régulière, des artistes invités, des dispositifs numériques, des podcasts, des actions de médiation et des partenariats culturels.
Mais au-delà des chiffres, nous retenons surtout les milliers de visiteurs qui sont entrés au Prieuré et ont découvert une œuvre qu’ils ne connaissaient parfois pas.
C’est cette rencontre avec le public qui constitue pour nous la réussite essentielle de ces cinq années.
Quel est votre principal regret ?
Notre principal regret tient à la manière dont cette histoire se termine.
Nous aurions souhaité qu’au-delà des questions administratives et des désaccords sur l’exécution de la convention, nous puissions avoir une discussion franche et sincère sur la fin du projet et sur tout ce qui avait été construit au fil des années.
Au terme de cette histoire, nous aurions simplement aimé entendre deux mercis :
Merci à GRATALOUP, pour sa fidélité à Chevreuse et pour ce qu’il a apporté à la ville pendant quarante ans.
Merci à l’association, pour son engagement et pour avoir fait vivre et partager cet héritage pendant cinq années.
C’est cette reconnaissance qui, à nos yeux, a manqué.
Quelle nouvelle étape s’ouvre aujourd’hui pour l’association ?
Jusqu’au 31 décembre 2026, l’association conserve son nom Les Amis du Musée GRATALOUP.
À compter du 1er janvier 2027, elle deviendra Les Amis de GRATALOUP.
